Opinion – Veille Tourisme Antilles https://www.veilletourismeantilles.com Magazine d'actualité économique sur le tourisme aux Antilles Mon, 10 Sep 2018 14:33:24 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.1 https://www.veilletourismeantilles.com/wp-content/uploads/2019/03/cropped-vta_favicon_w-32x32.png Opinion – Veille Tourisme Antilles https://www.veilletourismeantilles.com 32 32 Chroniques d’une loueuse : gérer un commentaire négatif en location saisonnière https://www.veilletourismeantilles.com/chroniques-dune-loueur-gerer-commentaire-negatif-location-saisonniere/ https://www.veilletourismeantilles.com/chroniques-dune-loueur-gerer-commentaire-negatif-location-saisonniere/#respond Fri, 07 Sep 2018 18:27:55 +0000 https://www.veilletourismeantilles.com/?p=4007 Laure gère le développement des Gîtes de Checheti à Trois-Rivières en Guadeloupe. Elle partage avec vous son quotidien de loueuse sous forme de chroniques dans lesquelles elle évoque des anecdotes et les leçons qu’elle tire de ses expériences. Pour ce premier épisode, Laure évoque sa réaction face à un commentaire négatif.   Minuit, j’ouvre mon […]

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Laure gère le développement des Gîtes de Checheti à Trois-Rivières en Guadeloupe. Elle partage avec vous son quotidien de loueuse sous forme de chroniques dans lesquelles elle évoque des anecdotes et les leçons qu’elle tire de ses expériences. Pour ce premier épisode, Laure évoque sa réaction face à un commentaire négatif.

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Minuit, j’ouvre mon ordinateur pour balancer un film sur la télé, une notification d’email s’affiche, apparemment, un avis sur Airbnb. J’ouvre et catastrophe ! Le commentaire le plus rageur qui soit… Justifié ? Pas tout à fait… Conséquence : 2 heures à tourner en rond dans mon lit, à chercher comment répondre, comment j’aurais pu éviter ça, à pester contre le monde entier et les éléments.

Dans votre activité de loueur saisonnier, vous aurez probablement à faire face un jour au commentaire dit négatif. Logique : comme dans toute activité économique, il est impossible de satisfaire tout le monde pour une prestation réalisée.
Un commentaire négatif, de quoi s’agit-il ? D’un avis laissé par un client à la fin de son séjour sur une plateforme de réservation, assorti d’une note inférieure à 4 sur 5.

Une note en-dessous de 4/5, pour moi c’est la cata, et même quand c’est juste 4/5, je me ronge les sangs ! Être perfectionniste n’est pas facile tous les jours… M’enfin nous voulons tous satisfaire nos clients n’est ce pas ?

Que faire ?

  • Surtout, ne pas regarder ses mails avant d’aller dormir pour éviter de vous triturer le cerveau dans votre lit.

 

  • Après avoir lu le commentaire, rester zen et dédramatiser : 4/5 = 16/20 ; 3/5 = 12/20. À l’école, ce n’était pas si mal non ?

 

  • NE JAMAIS RÉPONDRE À CHAUD ! Il n’y a pas d’urgence, tant que vous restez dans les délais de réponse que vous alloue la plateforme, vous avez le temps… (exemple : sur AirBnb vous avez jusqu’à 30 jours après le dépôt du commentaire par le client – attention, pas après qu’il soit rendu visible – pour répondre). Cela vous permettra : de ne pas céder à ce grand sentiment d’injustice (vous avez accueilli votre client le mieux possible et ne comprenez pas toute cette méchanceté gratuite… ô monde cruel !) en répondant brutalement à votre client, mais aussi de préparer objectivement une réponse professionnelle.

 

  • Rédiger une réponse cordiale, professionnelle et basée sur des faits (exemple : « Lors de votre réservation il y a 4 mois, je vous ai prévenu qu’il y a aurait des petits travaux à cette période et vous ai proposé d’annuler gratuitement la réservation, c’est dommage que vous vous plaigniez des travaux aujourd’hui ») ; même si le client a exagéré, ne pas l’incriminer, ni mettre tous les torts sur lui (n’oubliez pas que les autres clients potentiels lisent les commentaires et que réponse aigrie = propriétaire peu accueillant)

 

  • Profiter, en répondant, pour mettre en avant les avantages de votre location, des éléments positifs que le client mécontent n’aurait peut être pas remarqué, les éventuelles modifications que vous avez déjà programmées ou réalisées afin de répondre au dysfonctionnement.

 

  • Prendre en compte les remarques du client (il n’y a pas de fumée sans feu), pour voir ce qui peut être amélioré dans votre meublé de tourisme.

 

  • Mettre à jour votre annonce si c’est un commentaire récurrent et que pour le moment vous ne pouvez pas apporter d’amélioration au problème. Ainsi au moment de la réservation, le client sera informé et louera (ou pas) en connaissance de cause ; compenser ce problème par un accueil irréprochable, ou une petite attention qui fera oublier ce petit défaut que vous ne pouvez corriger pour l’instant.

 

  • Ne pas oublier que l’on ne peut pas plaire à tout le monde, que certains clients se prennent pour des critiques professionnels et qu’au lieu de profiter des vacances, ils sont là pour analyser votre prestation dans les moindres détails (tchip !). L’essentiel c’est de faire de son mieux.

 

Laure animera une conférence et un atelier à Welcome à la Maison, salon des loueurs saisonniers, hébergeurs touristiques chez l’habitant et porteurs de projets le samedi 13 octobre 2018 en Martinique. Programme et inscriptions sur www.welcomealamaison.com

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les sinobols vont-ils disparaître ? https://www.veilletourismeantilles.com/les-sinobols-vont-ils-disparaitre/ https://www.veilletourismeantilles.com/les-sinobols-vont-ils-disparaitre/#comments Sun, 22 Jul 2018 14:18:05 +0000 https://www.veilletourismeantilles.com/?p=3957 Une menace plane désormais sur un des piliers du commerce et de l’alimentation aux Antilles : les vendeuses de sinobols. Pour ceux qui ne connaîtraient pas les sinobols (à l’origine, snow balls), il s’agit de desserts à base de glace pilée arrosée de sirops (menthe, grenadine, orgeat sont les plus communs), servis dans des timbales […]

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Une menace plane désormais sur un des piliers du commerce et de l’alimentation aux Antilles : les vendeuses de sinobols. Pour ceux qui ne connaîtraient pas les sinobols (à l’origine, snow balls), il s’agit de desserts à base de glace pilée arrosée de sirops (menthe, grenadine, orgeat sont les plus communs), servis dans des timbales en plastique et que l’on sirote avec une paille en Martinique et en Guadeloupe. Or, face à l’omniprésence du plastique dans vos vies quotidiennes, le mouvement anti-pailles se développe. Les marchandes de sinobols et les amateurs vont-ils survivre à cette vague ?

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Indice : je ne ne peux jurer de rien, mais je ne pense pas que les sinobols disparaîtront. Cependant, avec ce titre accrocheur, j’ai souhaité attirer votre attention et prendre ainsi part à la sensibilisation autour du sujet des pailles en plastique. Auriez-vous cliqué avec un autre titre ? Hmmm. Je suis convaincue que les Antilles, et en particulier les professionnels du tourisme, pourraient tirer des avantages clairs de la suppression des pailles en plastique.

Pourquoi attendre une interdiction officielle quand on peut agir par nous-mêmes ?

Il a fallu interdire les sacs en plastique à usage unique en 2016 pour que la mesure soit massivement généralisée dans les commerces. La Commission européenne a proposé, lundi 28 mai, une série de mesures visant à bannir les produits plastiques à usage unique pour réduire les déchets marins. Dix produits en plastique à usage unique sont particulièrement concernés : les bâtonnets de coton-tige, les couverts, les assiettes ou les pailles, mais aussi sur les engins de pêche qui, collectivement, représentent 70 % des déchets marins en Europe. Ces propositions vont être transmises au Parlement européen et au Conseil pour adoption. En France, le gouvernement s’est prononcé en faveur de l’interdiction.

Mais en France ou ailleurs, des acteurs n’ont pas attendu la législation pour supprimer les pailles. Qu’en est-il aux Antilles ? Certains acteurs mènent sûrement déjà une démarche similaire ou ne vont pas tarder à le faire. Super !

Le risque sur nos atouts touristiques est réel

Le tourisme aux Antilles est fortement dépendant de l’environnement naturel. La beauté de nos sites, des plages, des espaces fait partie des critères de choix pour les touristes. Les pailles, comme d’autres objets en plastique, salissent les océans.

En outre, nous nous réjouissons tous à la vue des tortues qui viennent pondre sur nos plages. Mis à part pour quelques individus qui continuent à vouloir monter sur les animaux, voler leurs oeufs, s’approcher pour prendre des photos, convenons que ces naissances sont magiques. Ces images sont d’ailleurs devenues des arguments touristiques. Mais les pailles en plastique constituent un risque pour les tortues et plus de 700 espèces aquatiques. On estime en effet que le plastique prend 20 ans avant d’être dégradé dans les océans. Ce n’est pas un scoop mais on peut toujours agir !

Faire parler de nous en bien

Saint-Domingue est submergée par des vagues de déchets plastiques

Saint-Domingue est submergée par des vagues de déchets plastiques

Gepostet von BFMTV am Samstag, 21. Juli 2018

La Martinique et la Guadeloupe connaissent des problèmes environnementaux et sanitaires spécifiques avec le chlordécone, un poison qui infecte actuellement nos cours d’eau, nos terres et nos corps. Les responsables font preuve d’un cynisme cruel et d’une absence de responsabilité qui ne peut que susciter la colère des habitants, d’autant que les autorités adoptent une très efficace stratégie de l’autruche.

Certes, la suppression des pailles peut paraitre bien infime face à cette situation. Mais il s’agit au moins d’une initiative sur laquelle nous avons la main, qui contribue à l’amélioration de notre futur et à la préservation de l’environnement et sur laquelle il est possible de communiquer positivement.

La liste des acteurs qui s’engagent s’allonge

Plusieurs villes, pays, entreprises ont annoncé leur souhait de contribuer à cette initiative en interdisant et/ou en arrêtant d’utiliser des pailles en plastique. C’est le cas par exemple de Seattle, Monaco, Paris, Miami, Malibu, Hawaïi, Washington, Starbucks, Royal Caribbean, Ikea, Seaworld.

Une liste spécifique des entreprises du tourisme qui ont annoncé réduire et/ou interdire leur utilisation de pailles en plastique est d’ailleurs disponible ici : https://www.cntraveler.com/story/travel-companies-and-places-phasing-out-single-use-plastics

Des alternatives existent

Pailles en papier, en acier, en bambou, en verre : des solutions existent et sont déjà expérimentées. Bien sûr, le changement ou l’adoption de mesures différentes ne sont pas toujours aisés et j’en suis consciente. Mais la prise de conscience et la volonté de le faire sont d’ores et déjà des premiers pas.

Faites-vous connaître

Si vous êtes une entreprise en lien avec le tourisme, un artisan, organisateur d’événement, hôtelier, restaurateur et que vous n’utilisez pas de pailles en plastique ou souhaitez vous engager à ne plus le faire, VTA Magazine s’engage à vous valoriser gratuitement sur tous nos supports (site web, réseaux sociaux, newsletter). La mise en avant peut prendre la forme d’un article, d’une mention, d’une brève, d’un clin d’oeil. Notre souhait est avant tout de recenser et de saluer les initiatives en faveur de la protection de notre environnement. Si vous avez connaissance de bonnes pratiques en ce sens, contactez-nous à info @ veilletourismeantilles.com (sans les espaces).

Quant aux amateurs de sinobol, la suppression des pailles pourrait peut-être être complétée pr l’usage de timbales en carton ?

Crédit photo image principale : @ andreanne_br

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Bpifrance investit dans le tourisme : l’Outremer en marge https://www.veilletourismeantilles.com/bpifrance-investit-tourisme-loutremer-marge/ https://www.veilletourismeantilles.com/bpifrance-investit-tourisme-loutremer-marge/#comments Fri, 15 Sep 2017 11:15:37 +0000 https://www.veilletourismeantilles.com/?p=3452 Deux ans après le lancement du fonds France Investissement Tourisme (FIT) de Bpifrance, 30 entreprises du secteur tourisme et loisirs ont été accompagnées. Parmi elles, aucune située en Outremer.  Un fonds ambitieux Le fonds France Investissement Tourisme, a pour objectif « d’accompagner les transformations, de stimuler l’innovation et d’accroître la compétitivité des entreprises du tourisme et […]

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Deux ans après le lancement du fonds France Investissement Tourisme (FIT) de Bpifrance, 30 entreprises du secteur tourisme et loisirs ont été accompagnées. Parmi elles, aucune située en Outremer. 

Un fonds ambitieux

Le fonds France Investissement Tourisme, a pour objectif « d’accompagner les transformations, de stimuler l’innovation et d’accroître la compétitivité des entreprises du tourisme et des loisirs ». Sur les 100 millions d’euros de dotation, 53 millions ont déjà été investis….dans des entreprises hexagonales.

Ce fonds « prend des participations minoritaires dans les entreprises du secteur pour des montants compris entre 0,5 et 5 millions d’euros, en fonds propres et quasi fonds propres. En intervenant en co-investissement avec des acteurs privés et, si nécessaire, avec les fonds de Bpifrance pouvant investir des montants plus importants, le FIT joue un rôle de catalyseur pour des opérations structurantes. »

Il s’adresse aux professionnels de l’hôtellerie, de la restauration, du voyage et des transports touristiques, des loisirs et des solutions pour le tourisme. Il poursuit 5 objectifs :

  • Favoriser la mutation des acteurs traditionnels
  • Créer des ETI autour de marques fortes
  • Renouveler l’offre touristique et les services autour des loisirs
  • Travailler avec les régions sur les logiques de destinations et d’écosystèmes.

Pas de volonté d’exclusion de l’Outremer, mais une réalité qui pique toujours

Officiellement, il n’y a pas de démarche délibérée de laisser l’Outremer en marge. Au contraire, « c’est une question d’opportunités dans le temps et de dirigeants qui sont prêts à nous laisser entrer au capital », nous a confié une source proche du dossier.

Mais le biais est plus insidieux : pour investir dans des entreprises, Bpifrance doit d’abord les identifier, se faire connaître auprès d’elles avant de pouvoir les accompagner. Et c’est là que le bât blesse. Est-ce que tout a été fait pour faire connaître ce fonds d’investissement et aller volontairement vers les entreprises qui pourraient être concernées ? 

  • Les relais locaux cartographient-ils les entreprises ultramarines prometteuses du secteur tourisme et loisirs, en faisant remonter l’information auprès du siège parisien ?
  • Comment la diffusion de l’information est-elle effectuée ? Auprès des médias nationaux et locaux ?
  • Y a-t-il une veille active sur le secteur touristique ultramarin ?
  • Y a-t-il des rencontres, dans ces territoires, pour sensibiliser les entrepreneurs à l’existence de ce fonds dédié au tourisme ?

Est-ce que le parcours d’obstacles des entrepreneurs du tourisme a été facilité ?

Les mauvaises langues diront que la démarche doit être réciproque et que rien n’empêche les entrepreneurs d’Outremer de contacter librement Bpifrance. Certes ! Mais en réalité, inclure l’Outremer demande bien souvent de changer son mode de pensée et son mode opératoire pour des structures installées dans l’hexagone. C’est se contraindre à penser de manière inclusive. 

Un problème récurrent

La marginalisation des territoires d’Outremer dans les programmes d’accompagnement de l’innovation n’est pas nouvelle. Certains concours ou subventions sont purement et simplement réservés à la « métropole ».
Pour d’autres en revanche, pas de clause discriminatoire mais l’argument selon lequel « c’est plus compliqué d’inclure les DOM-TOM » est largement utilisé. En effet, repérer, valoriser, accompagner les entrepreneurs français en Asie, en Afrique ou aux Etats-Unis serait beaucoup plus simple que dans des territoires francophones.
D’autres enfin sont totalement méconnus par les administrations en place au niveau local.

La Ministre de l’Outremer a évoqué la volonté de mettre en place des référents spécialisés dans plusieurs administrations. Il serait en effet temps de se forcer à décentraliser l’information,mais aussi les initiatives nationales en faveur de l’entrepreneuriat et l’innovation, particulièrement dans le tourisme. 

Le bilan du Fonds Investissement Tourisme est disponible ici. 

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Tribune : En matière de tourisme, nos convictions à VTA Magazine https://www.veilletourismeantilles.com/tribune-matiere-de-tourisme-nos-convictions-a-vta-magazine/ https://www.veilletourismeantilles.com/tribune-matiere-de-tourisme-nos-convictions-a-vta-magazine/#comments Tue, 22 Aug 2017 10:36:05 +0000 https://www.veilletourismeantilles.com/?p=3422 En tant que Directrice d’un média centré sur le tourisme, la position que l’on attend de moi est certainement celle d’une pro tourisme à tout prix. Surprise, ce n’est pas le cas ! Mon équipe et moi partageons ces points de vue énumérés ci-dessous. Le tourisme ne justifie pas tout. Le tourisme aux Antilles est […]

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En tant que Directrice d’un média centré sur le tourisme, la position que l’on attend de moi est certainement celle d’une pro tourisme à tout prix. Surprise, ce n’est pas le cas ! Mon équipe et moi partageons ces points de vue énumérés ci-dessous.

Le tourisme ne justifie pas tout.

Le tourisme aux Antilles est le point Godwin : on y arrive toujours à un moment ou un autre. Tout le monde a un avis sur le sujet et dans une conversation banale, même sur le bord d’une route, il y a de grandes chances que quelqu’un mentionne le tourisme et/ou les touristes. C’est quasiment incontournable et cela témoigne certainement de l’intérêt de beaucoup de personnes pour cette thématique. Une grève ? « Oui mais et le tourisme ? » Un évènement « Oui, mais et le tourisme » ? Une subvention ? Même question.
Le risque, toutefois, est que le tourisme devienne un laisser-passer pour justifier toutes sortes d’initiatives et de projets et ce, sans ligne directrice, sans véritablement peser le pour et le contre. Malheureusement, un territoire doit faire des choix et se demander : quel tourisme voulons-nous actuellement, dans 5 ans, dans 10 ans ? Quelle cible voulons-nous attirer ? Quel sera l’impact de tel ou tel projet ? Comment allons-nous le mesurer ? Est-ce que ça crée de l’emploi ?

Et pourtant, tout peut être tourisme

Je vous l’ai déjà dit, plutôt que de parler de tourisme (attirer des visiteurs de loisirs ou en voyage d’affaires sur un territoire), je pense en terme d’attractivité du territoire. Cette notion implique de ne pas seulement penser en termes de « destination » pour des visiteurs de passage, mais en termes de capacité à attirer, retenir, fidéliser les résidents, les investisseurs, les étudiants, les entreprises, les touristes, les artistes etc… Elle est beaucoup plus large.
L’attractivité du territoire passe par des actions pour créer de la notoriété, de la visibilité, de l’envie de venir, de créer, de s’installer. Et dans ce contexte, tout peut devenir un argument ! Un film, un livre, une recette ! Tout devient potentiellement élément d’attractivité.

Le tourisme n’est pas le –seul- secteur qui va sauver les Antilles

C’est un argument récurrent, notamment au niveau politique. Le tourisme serait le seul pan de l’économie en mesure de « sauver » la Martinique et la Guadeloupe. Je n’approuve pas ce message pour deux raisons essentielles :

  • Le tourisme est une activité conjoncturelle, soumise aisément à des aléas : chikungunya, zika, tempête, économie en berne, les menaces sont nombreuses. Mettre tous ses oeufs dans un tel panier me paraît bien risqué.
  • Un territoire durable est un territoire équilibré : la mono-économie suppose la dépendance et avec celle-ci les risques.
  • Les Antilles peuvent parier sur bien d’autres activités économiques qui génèrent du cash et soient utiles à leur développement.

Le développement touristique d’un territoire ne doit pas se faire au détriment du bien-être et de la qualité de vie des résidents.

On en revient quelque peu au premier point mais ceux qui vivent au quotidien sur un territoire doivent être une priorité ! Quand un territoire se préoccupe de tourisme, mais est incapable d’assurer une certaine qualité en matière de santé, d’éducation, d’environnement, de social, de sécurité à sa population, n’est-ce pas alarmant ? Les Antilles ne devraient-elles pas encourager les initiatives dans tous ces secteurs ? Et ce, d’autant plus avec le numérique : e-santé (hello La Réunion !), agriculture, etc…
Si une population diminue, notamment parce qu’elle fuit son territoire d’origine, mais qu’à l’inverse, toutes les politiques publiques sont tournées vers la capacité à attirer des visiteurs de passage, il y a à mon sens un problème. En ce moment, Rome, Barcelone, Ibiza, l’Islande pour ne citer qu’elles, se retrouvent à gérer des problèmes dus au tourisme de masse en particulier.

Tourisme et développement durable ne sont pas incompatibles.

Qui n’a pas déjà vu/entendu un reportage sur le Costa Rica et ses efforts en matière de durabilité ? Qui ne s’est jamais outré des véhicules à l’abandon, des plages sales, des poubelles débordantes que l’on voit aux Antilles ? Qui n’a jamais partagé une photo de la ponte des tortues sur nos plages ? L’écologie est partout. Et d’autant plus dans des territoires fragiles comme les Antilles. Le développement touristique ne doit pas primer sur l’environnement naturel car l’environnement naturel participe au tourisme.

Nous sommes bien sûr à votre disposition pour en discuter.

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Tribune : Le potentiel du tourisme culinaire aux Antilles Françaises est sous-exploité https://www.veilletourismeantilles.com/potentiel-tourisme-culinaire-aux-antilles-francaises-exploite/ https://www.veilletourismeantilles.com/potentiel-tourisme-culinaire-aux-antilles-francaises-exploite/#comments Fri, 23 Jun 2017 15:16:20 +0000 https://www.veilletourismeantilles.com/?p=3193 La gastronomie est un marqueur identitaire et culturel d’un territoire. A ce titre, elle est devenue au fil des années un argument de promotion touristique pour les destinations qui sont conscientes de son potentiel en matière d’attractivité et de fidélisation des clientèles. La Martinique et la Guadeloupe n’ont de cesse de promouvoir leur patrimoine gastronomique comme […]

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La gastronomie est un marqueur identitaire et culturel d’un territoire. A ce titre, elle est devenue au fil des années un argument de promotion touristique pour les destinations qui sont conscientes de son potentiel en matière d’attractivité et de fidélisation des clientèles.
La Martinique et la Guadeloupe n’ont de cesse de promouvoir leur patrimoine gastronomique comme facteur de différenciation touristique. Toutefois, malgré quelques initiatives intéressantes et goûteuses, la démarche est pertinente, elle n’est ni structurée, ni ambitieuse, ni pragmatique. 

  • L’offre touristique culinaire locale n’est pas organisée. Soyons clairs, le tourisme culinaire va au-delà de la « haute cuisine ». L’offre manque d’abord de lisibilité : qui fait quoi, où, comment ? Par ailleurs, les acteurs peinent à collaborer pour créer des synergies qui semblent pourtant évidentes. Enfin, l’offre manque de visibilité pour le visiteur extérieur à la recherche d’expériences singulières.

 

  • Il n’y a pas de festival culinaire de grande ampleur : certes, il y a la Fête des Cuisinières en Guadeloupe ou le défunt Festival International de la Gastronomie ; la Fête de la Banane ou le Martinique Chef’s Festival. Mais ces événements – qui concernent des thématiques précises – ne parviennent pas à attirer massivement un public extérieur qu’il soit caribéen, canadien, américain ou européen. Dit plus crûment : il y a aujourd’hui peu de touristes – voire pas du tout – qui se déplacent spécifiquement en ayant en tête ces manifestations. Elles ne sont pas des incontournables du calendrier.

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Crédit : France-Antilles

  • La visibilité autour des chefs antillais francophones basés dans la région demeure limitée. Certes, il y a Louis-Philippe Vigilant, Béatrice Fabignon, Marcel Ravin ou plus récemment Jean-Rony Leriche (Gault et Millau 2017) dans l’hexagone. Ce sont des ambassadeurs, qui à leur échelle, représentent les Antilles mais les touristes ne peuvent déguster leurs créations ni en Martinique ni en Guadeloupe.
    Les chefs et artisans présents sur place font du bon travail, mais hormis quelques-uns, ils peinent à se faire connaître au-delà de nos frontières. Quand ils y parviennent, ils ont du mal à capitaliser sur cette renommée. C’est le cas de Naomi Martino ou des Frères Lauzéa qui font partie des meilleurs chocolatiers mondiaux par exemple. C’est sûrement le cas de Fabienne Youyoutte. Mais les touristes viennent-ils aux Antilles en se disant qu’il faut absolument goûter leurs réalisations sous peine d’avoir raté leur séjour ? Difficile à croire. Plus simplement : nous avons besoin d’étoiles de la gastronomie, qui soient mises régulièrement en avant, pour servir de vitrines à ces territoires.

 

  • Conséquence ou corollaire du point précédent : la Martinique et la Guadeloupe sont absentes des classements nationaux ou internationaux. Oui, de temps à autre, un article met en lumière la richesse de la gastronomie de ces territoires et l’on s’en réjouit. Mais pas de table au Guide Michelin ou Gault et Millau pour des destinations qui accueillent encore une majorité de touristes francophones ? Ces guides, aussi controversé qu’ils soient, servent encore de repères pour les visiteurs. Pas de présence lors de compétitions telles que le Taste of the Caribbean ? Dommage. Nous avons des concours locaux, mais l’objectif reste, dans le cadre du tourisme culinaire, d’attirer des personnes extérieures.

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Crédit : Le Riche de Saveurs

  • Pas de lieu emblématique : Cité du Vin à Bordeaux, Centre Culinaire et Contemporain à Rennes, Cité internationale de la gastronomie et du vin à Dijon, Cité internationale de la gastronomie à Lyon. Certes, ces références sont exclusivement nationales mais le message peut-il être plus clair ?

 

  • La formation dans ces territoires demeure chaotique. Vraiment. Dans le dossier spécial « Hôtellerie-restauration » du VTA Magazine n°2, nous avons longuement abordé ce point. Pour vous le procurer, abonnez-vous pour 99€/an.

 

  • Les « influenceurs » gastronomiques sont peu nombreux. Il y a bien Tatie Maryse, Ma Cuisine Créole ou Je Cuisine Créole qui cumulent des millions de vues sur le web mais elles sont plutôt du côté de la production de plats. Or, si la gastronomie connaît un tel essor, les réseaux sociaux n’y sont pas étrangers. A date, qui sont les influenceurs culinaires locaux ?
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Crédit : Atelier Foodîles

  • L’animation culinaire locale peine à se renouveler. Il n’y a pas assez d’actualité gastronomique. Plusieurs entreprises (Karambole Tours, Beyond the Beach, Créole Trip, Foodîles, Ateliers Médélices, les distilleries) ou organes de promotion touristique se positionnent sur ce créneau. Mais les touristes – surtout ceux qui sont déjà venus visiter les destinations – recherchent de l’inédit, de l’avant-gardisme ou de la tendance dans leur expérience : circuits originaux, pique-niques en plein air, restaurants éphémères ou insolites, valorisation de la cuisine de rue, visites de fermes, d’usines, ateliers culinaires chez l’habitant ou avec des chefs, dégustation, pêche. Le risque serait d’assister à une « boboïsation » ou une « gentrification » de la gastronomie mais rester à l’écart d’idées neuves, en mesure de créer l’événement, peut être risqué.

 

Il est de coutume pour certains de nos lecteurs de s’approprier les idées figurant dans nos tribunes sans citer leur source : c’est une mauvaise habitude :). En revanche, pour en discuter : info @ veilletourismeantilles.com sans les espaces.

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« Made in French West Indies » : Valoriser les produits issus de la transformation agricole https://www.veilletourismeantilles.com/made-in-french-west-indies-valoriser-produits-issus-de-transformation-agricole/ https://www.veilletourismeantilles.com/made-in-french-west-indies-valoriser-produits-issus-de-transformation-agricole/#respond Thu, 16 Mar 2017 14:28:25 +0000 https://www.veilletourismeantilles.com/?p=2823 Dans quels domaines la Martinique et la Guadeloupe sont-elles douées ? Comment le font-elles savoir ? Ces compétences sont-elles reconnues et mises au profit des territoires, des entreprises et des hommes ? Les Antilles Françaises peinent à se faire connaître autrement que par leurs paysages ou leur climat. Leur image est très rarement associée à l’innovation, la […]

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Dans quels domaines la Martinique et la Guadeloupe sont-elles douées ? Comment le font-elles savoir ? Ces compétences sont-elles reconnues et mises au profit des territoires, des entreprises et des hommes ?

Les Antilles Françaises peinent à se faire connaître autrement que par leurs paysages ou leur climat. Leur image est très rarement associée à l’innovation, la créativité ou la modernité. Cependant, il existe un domaine dans lequel la Martinique et la Guadeloupe possèdent un savoir-faire méconnu : la transformation de produits issus du terroir. Malheureusement, la visibilité et la reconnaissance de ces produits et de ces compétences sont loin d’avoir atteint leur potentiel.

Le rhum, une industrie qui s’exporte dans le monde entier

Dans une compétition féroce, le travail des producteurs de rhum agricole ne peut être que salué.

La filière – surtout en Martinique – est l’une des rares à s’être mise en ordre de bataille pour dynamiser la production, innover et finalement distribuer ses produits au-delà des frontières locales. « En vendant le rhum, c’est la destination toute entière que l’on vend », peut-on entendre de la bouche des producteurs. Et pour cause ! Régulièrement sont organisés des voyages de presse aux Antilles, des visites de distributeurs ou de barmen, des compétitions. Résultat : la bouteille de rhum la plus chère en cristal Baccarat ? Clément. Le rhum bio ? Neisson. Les médailles au concours général agricole, encore des rhums antillais.

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La « haute chocolaterie » se trouve dans la Caraïbe

Les CV des Frères Lauzéa et de Naomi Martino font pâlir d’envie. Ces artisans transforment les fèves de cacao pour un résultat salué à l’international.

Thierry et Jimmy Lauzéa font partie des 20 maîtres chocolatiers les plus reconnus avec quatre tablettes – l’équivalent d’étoiles pour les restaurants – sur cinq décernées par le Club des Croqueurs.

Naomi elle a été distinguée parmi les 50 meilleurs chocolats du monde par le Guide des Croqueurs de chocolat en 2015 ; a reçu une « Tablette d’or » au Salon International du chocolat en 2014. L’année précédente, elle avait été sacrée « Espoir du chocolat » face à un jury de professionnels.

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Crédits : Naomi Martino

La banane, sur la peau et sur les murs

La banane locale souffre d’une mauvaise réputation, au moins aux yeux des Antillais. En cause, la contamination au chlordécone face à laquelle peu d’excuses ont été entendues, peu de responsabilités prises, ni de solutions pérennes proposées pour faire face aux conséquences engendrées.

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Crédits : Fibanco

Malgré tout, deux marques martiniquaises issues de la banane méritent notre attention : Kadalys et Fibanco. De quoi s’agit-il ? Green Blade est un revêtement 100% naturel à base de feuilles de bananier produit par l’entreprise Fibanco. Il est utilisé par des architectes et des designers dans des lieux iconiques : à Paris, au café ZA conçu par Philippe Starck, sous la canopée des halles ; à Bordeaux, dans un hôtel ; en Martinique à l’aéroport ou même à Hong Kong. En silence, la marque conquiert les professionnels du secteur avec des produits de Martinique.

Kadalys est la première « marque de cosmétologie naturelle aux actifs de bananier ». En 2014, Kadalys a reçu deux Victoires de la Beauté et s’exporte aujourd’hui jusqu’en Asie !

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Le café Bonifieur, l’un des meilleurs

Le café 100% arabica Guadeloupe Bonifieur est un produit rare, recherché en raison de ses qualités gustatives. Il est considéré par les connaisseurs comme l’un des meilleurs cafés au monde avec le Jamaïque Blue Mountain. La marque Malongo ne s’y est pas trompée en s’approvisionnant dans l’archipel.

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Par ailleurs, la jeune société guadeloupéenne Just What U Need utilise le marc de café pour ses produits cosmétiques.

Sympa, mais bon…

Et malgré tout, la filière agricole demeure largement sous-estimée, parfois méprisée, par les Antillais eux-mêmes, alors même que les marques concernées sont des porte-drapeaux à l’étranger.

Autre facteur d’amertume, ces réalisations ne sont pas utilisées comme des vecteurs de promotion de la Martinique ou de la Guadeloupe, ou à des degrés encore infimes.

Enfin, l’association « Antilles + excellence + savoir-faire » demeure fragile. Or, si l’on arrivait à rendre synonymes Martinique/Guadeloupe et excellence des entreprises, un grand pas serait franchi.

Il serait intéressant de recenser l’offre, fédérer les acteurs, mettre en valeur les filières et produits de manière concertée et évidemment leur donner de la visibilité, peut-être sous une bannière commune, le « Made in French West Indies ». Qui devra s’en charger ? La Chambre d’Agriculture ou autre ? C’est peut-être cette réponse qui est la plus difficile aux Antilles.

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Martinique Tourism Awards, oui, mais…. https://www.veilletourismeantilles.com/martinique-tourism-awards-oui/ https://www.veilletourismeantilles.com/martinique-tourism-awards-oui/#comments Tue, 07 Feb 2017 10:19:29 +0000 https://www.veilletourismeantilles.com/?p=2655 Ce vendredi 3 février, le Comité Martiniquais du Tourisme a organisé les Martinique Tourism Awards visant à « récompenser les professionnels du tourisme pour leurs actions remarquables dans la valorisation de la destination ». 26 socio-professionnels ont été distingués : félicitations à vous, à eux ! Sur le fond, j’encourage cette idée ; sur la forme, certains […]

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Ce vendredi 3 février, le Comité Martiniquais du Tourisme a organisé les Martinique Tourism Awards visant à « récompenser les professionnels du tourisme pour leurs actions remarquables dans la valorisation de la destination ». 26 socio-professionnels ont été distingués : félicitations à vous, à eux !
Sur le fond, j’encourage cette idée ; sur la forme, certains aspects mériteraient d’être améliorés.

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Récompenser les initiatives locales : une idée séduisante

L’idée de valoriser les entreprises, associations, porteurs de projets locaux est positive et je m’en réjouis personnellement. En tant que chef d’entreprise, je sais combien il est important d’avoir des moments forts pendant lequel notre travail est salué. Vous pouvez retrouver la liste des lauréats en cliquant ici.

Pourtant, déjà dans les années 1990, l’ARDTM avait lancé les « Trophées du Tourisme » dont l’ambition était similaire aux Martinique Tourism Awards. Rappelons-nous également qu’en 2012, sous la mandature de Mme Roy-Camille, 66 « initiatives citoyennes » avaient été mises en avant.

Il semble que chaque mandature souhaite récompenser des projets, en faisant table rase ou abstraction du passé. N’est-il pas dommage de toujours repartir de zéro ? Cette approche a une conséquence principale : aucune de ces cérémonies ne s’inscrit dans la durée.

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Un processus de sélection opaque

Je regrette également le modus operandi de l’événement.

Dans le timing tout d’abord : vu de l’extérieur, les Martinique Tourism Awards se sont organisés dans la précipitation, avec un appel à projets dans la presse locale fin décembre et une date limite de candidature en janvier. En tant que professionnelle des médias, j’ai reçu le communiqué annonçant la cérémonie deux jours avant celle-ci.

Les critères de sélection ensuite : « Le Comité Martiniquais du Tourisme a lancé un appel à candidature, via son fichier d’acteurs professionnels du secteur touristique (soit près de 2000 enseignes référencées) auquel se sont ajoutées d’autres candidatures, à la suite de spots radio et communiqués, dans la presse. » Par ailleurs, il fallait :

  • « Etre référencé(e) en tant qu’entreprise de Tourisme
  • Innovation 2016
  • Création d’emploi
  • Opportunité de pratique d’une langue étrangère. »

De fait, plusieurs entrepreneurs m’ont indiqué avoir été nominés d’office, à leur grande surprise, tandis que d’autres s’interrogeaient sur les critères à remplir pour candidater.

Certes, l’organisation d’une telle manifestation ne se fait pas sans difficulté : j’organise moi-même des événements et je sais qu’en coulisses, c’est compliqué, surtout lors d’une première édition. Il ne s’agit pas de jeter la pierre. Néanmoins, les conditions méthodologiques dans lesquelles se sont déroulés les Martinique Tourism Awards ne contribuent pas à ce que les porteurs de projets fassent confiance à l’organisation. Dommage pour une initiative positive.

Une thématique intriguante

La cérémonie était placée sous le signe de « l’innovation », un thème qui peut surprendre puisque le CMT n’en a pas fait l’un de ses chevaux de bataille clés. Par ailleurs, qu’entend-t-on réellement par « innovation » dans le tourisme ? Pourquoi ce choix ?

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Et après ? 

Enfin, après la cérémonie, que se passe-t-il une fois les trophées posés sur l’étagère de la maison ? C’est là l’une des grandes questions qui se posent. Y a-t-il un accompagnement spécifique ? Les projets bénéficient-ils d’une promotion particulière via les réseaux du CMT ? Concrètement, aide-t-on les entrepreneurs à développer leur activité ?

Peut-être. Nous l’appelons de nos voeux.

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