Les questions que les acteurs touristiques des Antilles Françaises refusent d’aborder…. mais qu’il faudra bien poser

La crise du coronavirus a (re)mis en lumière quelques problématiques que les dirigeants institutionnels et privés du tourisme, des loisirs et de la culture en Martinique et en Guadeloupe tendent à éviter soigneusement. Ces sujets émergent régulièrement, sous des formes variées, sans qu’on ne prenne le temps de les adresser. Or, dans les mois et années qui viennent, il sera difficile de faire l’impasse sur ces thématiques souvent considérées comme taboues.

Précision 1 : par « tourisme » ici nous entendons largement : l’hébergement (hôtel, location saisonnière, résidences, etc), la location de voitures, le transport, les loisirs, les commerces, la croisière, les agences de voyages, etc.
Précision 2 : La liste n’est pas exhaustive.

– Quels sont nos éléments différenciants par rapport à d’autres territoires insulaires ? Ces éléments peuvent-ils être assortis d’exemples concrets ?

– La crise du Covid aurait-elle pu être gérée différemment ? Que faudra-t-il améliorer au cas où elle se représenterait ?

– Le contexte historique, économique, social de la Martinique et la Guadeloupe influence-t-il le secteur du tourisme ? Si oui, comment ?

– Est-ce que la Martinique et la Guadeloupe attirent les touristes qu’elles souhaitent attirer ?

– L’attitude des voyageurs est-elle questionnable ? Celle des professionnels ? Celle des résidents ?

– Les socio-professionnels du tourisme, hors hôteliers, sont-ils suffisamment identifiés, représentés et écoutés ?

– Les résidents-citoyens ont-ils voix au chapitre quand il s’agit de tourisme ? Ces derniers subissent-ils un tourisme imposé ou en sont-ils parties prenantes ?

– Quel est le seuil de capacité de notre territoire ? A-t-on mesuré la pression touristique ? Avons-nous conscience des limites – pas seulement territoriales – du territoire ?
Le seuil de capacité renvoie notamment au nombre maximal de personnes qu’un territoire peut accueillir dans le respect de l’environnement, des ressources et des résidents.

– Les socio-professionnels ont-ils la capacité à se fédérer autour d’un projet commun ?

– La formation en langues étrangères est-elle satisfaisante chez les acteurs du tourisme ? S’est-on donné une feuille de route sur ce sujet ?

– Le tourisme est-il un secteur qui innove aux Antilles ? Si oui, comment ? Le terreau local favorise-t-il l’innovation ?

– Quel avenir pour la croisière ? Son impact est-il plutôt positif ou plutôt négatif pour le territoire et ses habitants ?
Sommes-nous sur un pied d’égalité dans les négociations avec les compagnies de croisière ? Si on décide de couper court à la croisière, quel impact pour les Antillais amateurs de ce type de voyages et pour les agences ?

– La répartition des richesses générées par le secteur touristique est-elle équitable ?

– Le marché de l’emploi est-il conforme aux attentes des candidats ? Et la formation des candidats est-elle alignée avec les attentes des entreprises ?

– Le succès du tourisme peut-il uniquement se mesurer à la fréquentation touristique (nombre de visiteurs) et aux recettes générées ? Si non, quels autres indicateurs peuvent être pris en compte ? Le tourisme de masse en centaines de milliers de visiteurs est-il encore d’actualité dans un contexte de défiance vis-à-vis du surtourisme ?

– Le secteur touristique, qui s’appuie sur les atouts naturels, s’investit-il assez pour la préservation de ces ressources ? Si oui, de quelle façon ? Comment expliquer par exemple la faiblesse des labels éco-touristiques ?

– Pourquoi si peu de candidats de Martinique et de Guadeloupe dans les concours de cuisine régionaux, nationaux et internationaux ?

– En tant que porteur de projet et/ou entrepreneur dans le tourisme, les loisirs et la culture, peut-on partir de rien aux Antilles Françaises et faire grandir une boîte avec succès ? Combien a-t-on d’exemples probants et récents ?

En somme, quel développement touristique souhaitons-nous dans le présent et dans le futur ?

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