Les ambitions du nouvel écosystème digital du Comité de Tourisme des Iles de Guadeloupe

Le CTIG s’apprête à présenter à ses partenaires professionnels et au grand public son nouvel écosystème digital. L’outil est le fruit d’un chantier entrepris il y a plus de trois ans. Il s’adresse aux touristes et aux opérateurs touristiques. Un énième site web ? « Pas du tout », rétorque Willy Rosier, directeur général du CTIG, qui porte en partie la paternité du projet.

Nous pensons pouvoir faire évoluer la distribution dans le secteur touristique et structurer la filière.

Un outil tripartite

L’écosystème a été conçu pour répondre aux besoins des voyageurs (B2C), des professionnels (B2B) et du CTIG. 

Mais pourquoi le terme « écosystème » ? Que signifie-t-il ? Pour Willy Rosier et Elie Philippo, en charge des systèmes informatiques au Comité de Tourisme, il s’agit de « refléter au mieux la réalité de la plateforme dont le site web n’est que la partie émergée ». L’écosystème est en fait un ensemble de composantes, comme des cellules, qui interagissent entre elles en un lieu unique.

L’idée est née de plusieurs constats : l’importance croissante du web dans le parcours du touriste ; la fragmentation du secteur ; la place des intermédiaires et la difficulté à trouver des canaux appropriés pour toucher le voyageur « en direct ». Désormais, le CTIG souhaite faire du digital un levier de croissance touristique pour la destination. Pour développer cet outil, le CTIG a pu s’appuyer sur un partenariat public/privé entre la Région Guadeloupe et MRM/McCann. L’agence, spécialisée dans le digital, a mobilisé entre 10 et 20 personnes sur deux ans pour faire aboutir le projet.

Une seule interface web pour préparer l’ensemble de son voyage en Guadeloupe 

Une des ambitions du CTIG est de fluidifier l’expérience client côté touriste : en amont lors de sa quête d’information ; pendant son séjour sur place et après celui-ci pour le fidéliser et en faire un ambassadeur de la destination. Trois principes sont mis en avant « découvrir, réserver, inspirer ».

Pour mettre le futur touriste en appétit, un film immersif, tourné pendant 12 jours dans l’archipel, permet au visiteur d’aller à la rencontre d’un guide pour explorer la Guadeloupe depuis son ordinateur, sa tablette ou son smartphone. La technologie du site, basée sur un algorithme, permet à l’issue du visionnage de proposer une offre liée au choix du touriste. En clair, plus le visiteur regarde du contenu, plus il renseigne le CTIG sur ses goûts.

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Le CTIG a également souhaité développer un « Wikipedia 3D » pour « revaloriser la culture guadeloupéenne ». L’institution s’est associée avec un historien qui a renseigné plus de 200 sujets sur l’archipel. A terme, l’espace doit devenir participatif puisque les Guadeloupéens pourront contribuer eux-mêmes à l’enrichir.

Enfin, en complément de l’exploration en ligne, il sera désormais possible pour les touristes de réserver directement leur transport, leur location de voiture, leur hébergement ou leurs activités en ligne. Le volet e-commerce souhaite éviter au voyageur de passer d’un site à l’autre entre compagnies aériennes, hôtels, sites de notation.

Fournir des solutions web aux professionnels pour accompagner leur développement

Du côté des acteurs du tourisme, il ne s’agit plus seulement de les sensibiliser au digital mais de leur donner des moyens concrets de se l’approprier et ce, à bas coûts.

La plateforme leur propose de mettre gratuitement en avant leurs offres à travers des fiches descriptives, de gérer eux-mêmes leurs promotions, de suivre leurs paiements, d’accéder à un calendrier de réservations ou de répondre aux avis clients. Le CTIG prélève une commission de 8% sur les transactions qui sera reversée dans le développement de la plateforme, sa maintenance et le marketing.

Le directeur affirme qu’un tel outil permettra de professionnaliser la filière. « Pour apparaître sur le site, il faut disposer d’un SIRET ou d’une déclaration en mairie ». Les acteurs touristiques sont encouragés à valoriser leurs labels et récompenses directement sur le site.

Disposer d’une base de données qualifiée

A terme, le CTIG possèdera sa propre base de données renseignée à la fois par l’algorithme, les professionnels eux-mêmes ainsi que les achats effectués en ligne par les visiteurs. L’institution sera en mesure d’affiner sa connaissance client pour pouvoir mieux cibler ces derniers. Une condition toutefois : que les acteurs du tourisme jouent le jeu et actualisent régulièrement leurs fiches.
Le Comité de tourisme espère également que l’écosystème permettra de faciliter les relations avec les opérateurs locaux. « Ils peuvent nous contacter directement via la plateforme. Nous mettons nos supports de communication à leur disposition. C’est un gain de temps et d’efficacité ».

Reverser 10% des recettes touristiques dans l’économie locale

Depuis le lancement officiel auprès des professionnels il y a deux mois, les sollicitations des acteurs du tourisme se sont accélérées selon Willy Rosier.

Au début, beaucoup ne comprenaient pas la démarche, aujourd’hui, nous avons déjà plus de 500 offres référencées et la cadence ne ralentit pas, au contraire.

Pour François Tastet, de MRM/McCann, c’est une véritable révolution dans l’univers touristique. « L’initiative nous a séduits car elle opère une disruption et bénéficie aux acteurs locaux »C’est du business, mais avec impact. Le projet est noble car nous allons contribuer au développement économique et social de la région. Si nous parvenons à reverser 10% des recettes générées par les touristes dans l’économie, nous aurons gagné notre pari ».

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