Martinique : 56 millions de perte chez les adhérents Zilea pendant les grandes vacances

Aujourd’hui, mercredi 16 septembre se tenait la conférence de presse du Cluster de Tourisme en Martinique, Ziléa. Philippe Lecuyer, son président a présenté les chiffres du secteur pour juillet-août 2020.

Une baisse généralisée du chiffre d’affaires

Sans vouloir plomber l’ambiance, il ne faudrait pas propager la rumeur selon laquelle juillet-août ont été de bons mois. […]” débute Philippe Lecuyer.  Le ton est donné pour la conférence de presse : sans surprise l’ensemble des secteurs ont été touchés par la crise sanitaire. 

Dans l’hébergement, où Zilea recense les résultats de 2000 chambres sur les 3400 disponibles en Martinique, on note une perte de 53% dans l’hôtellerie soit 56 800 000€ par rapport à 2019. Le recul le plus important se trouve dans les agences de voyages dont l’activité a été fortement ralentie (-65%). Chez les loueurs de voitures membres de Zilea, les pertes s’élèvent à 43%. Pour les restaurateurs, la baisse représente 50% du chiffre d’affaire. Du côté des lieux de visite et de loisirs elle est de 48%, enfin les charters (excursions à la journée) ont vu leur activité baisser de 33%.

Ce sont les meublés de tourisme qui s’en sortent le mieux (-13%). Ce mode d’hébergement semble en effet correspondre aux aspirations de la population locale dans ce contexte particulier : piscine privative, petits groupes amicaux ou familiaux.

Le mois d’août a apporté une note positive pour l’hôtellerie : les établissements adhérents de Zilea ont atteint 44,5% de taux d’occupation basé uniquement sur la clientèle locale. Toutefois, les gérants ont misé sur des offres promotionnelles, ce qui a pénalisé leur marge. « Les résidents ne peuvent pas, à eux seuls, faire vivre l’industrie touristique de l’île » a martelé le président de Zilea. L’apport de trésorerie de ces opérations permettront de tenir dans les mois difficiles qui arrivent, puisqu’ils sont traditionnellements des mois creux.[…]” a-t-il complété. Les hôtels ayant le mieux marché sont les résidences hôtelières qui permettent un certain isolement ou encore les hôtels disposant d’une piscine ou ceux se situant en bord de mer.

En revanche, les hôtels du centre, spécialisés dans la clientèle d’affaire ont bien moins fonctionné durant la période.

Des dispositifs d’aide jugés insuffisants

Si la prolongation de l’activité partielle est une bonne nouvelle pour le cluster qui avait porté cette demande, les mesures du plan de relance annoncé par l’État ne semblent pas concerner à ce stade, le tourisme en outre-mer.  “On a l’impression que l’État nous a un peu oublié dans son plan de relance La ligne tourisme du plan de relance reste un peu vague, nous sommes dans l’attente de précision à ce sujet.” prévient M. Lecuyer.

En outre, les mesures d’aide économique ont certes pu aider certaines entreprises, mais les TPE-PME se sont souvent senties démunies.

Des perspectives contrastées

Les inquiétudes sont réelles : les prévisions pour le 4ème trimestre indiquent une baisse des réservations de 25%. Le ralentissement des réservations se poursuit jusqu’en mars tant par le biais de TO ou des réservations directes.

Heureusement toutefois : certains indicateurs sont positifs : les travaux pour le BnB de l’étang z’abricot avancent, le projet de l’ex-Kalenda aux Trois-Îlets également. D’autres projets devraient voir le jour d’ici la fin de l’année.
En outre, la plateforme d’achat groupé du cluster se structure.

“C’est à nous collectivement de serrer les rangs, de faire des formations pour monter en compétence […]” a conclu Philippe Lecuyer.

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