Un nouvel acteur dans la location de voiture aux Antilles

ahmed-mihri-travelercarbis

Pouvez-vous expliquer le fonctionnement de votre start up?

L’idée de TravelerCar est née d’un constat simple : quand on part en vacances et qu’on laisse sa voiture à l’aéroport, cela revient très cher. De l’autre côté, pour le vacancier qui arrive à destination, la location d’une voiture est très coûteuse. Or, ces mêmes voitures, celles des propriétaires ou celles destinées à la location restent toutes dans un parking sans grande utilité.

 

Nous proposons une solution clé en main pour utiliser de façon intelligente cette ressource qu’est la voiture. Le propriétaire qui part en vacances met son véhicule en location pendant son absence plutôt que de payer au prix fort le parking à l’aéroport. Nous lui garantissons 0€ de frais de parking, que sa voiture soit louée ou pas. Si en plus sa voiture est louée, il est rémunéré selon l’usage et le nombre de kilomètres parcourus avec sa voiture.

Le voyageur qui arrive, lui, et qui loue cette même voiture, va économiser jusqu’à 50% par rapport à une agence de location traditionnelle. C’est TravelerCar qui s’occupe de tout : préparer la voiture à la location, définir les prix, assurer le véhicule…

Comment vous positionnez-vous par rapport aux plateformes de mise en relation et aux agences traditionnelles ?

Nous sommes un modèle hybride, une nouvelle génération de plateforme d’économie collaborative. Nous prenons le meilleur du collaboratif : on utilise la voiture des particuliers et on la mutualise, mais avec tous les avantages d’un acteur traditionnel, c’est-à-dire l’instantanéité et les options.

TravelerCar s’est installé à la Réunion en février 2016, pouvez-vous faire un premier bilan ?

Il est assez positif : on constate que les propriétaires s’intéressent beaucoup à notre service, d’autant plus que beaucoup de personnes font des allers-retours entre la Réunion et la France continentale.

Il y a également une demande au niveau des touristes car c’est un poste de coût assez important sur lequel on leur permet d’économiser. La location est plus accessible et nous offrons une alternative aux loueurs traditionnels quand ils n’ont plus de choix en période de forte affluence.

Plus concrètement, nous comptons actuellement environ 5000 inscrits à La Réunion. Nous avons réalisé quelques dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires.

En 2017, la Guadeloupe et la Martinique ?

Cela fait partie de notre plan de développement qui se veut mondial. La puissance du modèle TravelerCar est qu’on touche le voyageur dans les deux sens : quand il part d’un aéroport, on lui proposant une solution de parking et quand il arrive à destination on lui proposant une solution de mobilité.

La Réunion était un point de départ. Nous souhaitions voir si les propriétaires étaient prêts à partager leur voiture et s’il y avait une demande assez forte. Le concept est validé. Maintenant, l’objectif, à terme, est que tous les voyageurs, peu importe leur pays de départ ou d’arrivée, puissent profiter du service de TravelerCar.

Aux Antilles, vous avez de la concurrence avec les acteurs historiques et les jeunes pousses, sans compter d’éventuels concurrents nationaux qui souhaitent s’implanter sur ce marché. Quels seront vos atouts ?

Il y a énormément d’acteurs dans le domaine de la mobilité, mais nous offrons un service complémentaire. Nous voulons apporter une solution à tous les cas d’usage.

À La Réunion, nous travaillons avec un acteur traditionnel : quand il n’a plus de voiture dans son parc et que ses clients souhaitent louer des véhicules, on lui en propose. Il n’a pas besoin d’aller acheter des voitures pour répondre à une demande ponctuelle sur les périodes de forte affluence.

Par ailleurs, nous ne sommes pas une plateforme de mise en relation où ce sont des particuliers qui opèrent entre eux : ce n’est pas le propriétaire qui va aller louer sa voiture directement au locataire. Ces plateformes répondent à une clientèle qui a le temps, qui veut louer elle-même sa voiture et qui peut décider du prix et des modalités.

Nous, nous sommes un tiers de confiance. Le propriétaire nous confie son véhicule et nous prenons en charge tout le processus depuis le choix du prix jusqu’à la préparation et le nettoyage. Le propriétaire n’est pas du tout impliqué dans ce processus de location. Nous apportons un service clé en main à des clients qui parfois ne sont pas sur place pour le faire eux-mêmes. Ce sont deux modes de locations différents.

Quels seront les moyens affectés sur place ?

Il n’y aura pas d’équipe commerciale. Nous sommes principalement sur le web. Nos clients nous trouvent quand ils font des recherches sur Internet, quand ils essaient de trouver une solution de parking ou de location accessible. C’est à ce moment qu’ils découvrent notre existence. On est un acteur du digital, même si on apporte des services sur le terrain.

Avez-vous une échéance plus précise pour le lancement aux Antilles ?

Pas pour le moment. Notre équipe de développement travaille sur plusieurs pays pour préparer le lancement dans les meilleures conditions : trouver le bon partenaire, le bon emplacement. Dès qu’on a rempli toutes les conditions nécessaires, on peut « ouvrir » le marché. Il faut que le partenaire soit prêt, que le système soit prêt et qu’on ait un plan pour se faire connaître vis à vis des locaux.

Avez-vous des accords avec des loueurs locaux, des aéroports ou des ports ?

Nous discutons avec beaucoup d’acteurs, nous n’avons pas finalisé notre choix. Nous étudions les opportunités pour trouver le partenaire le plus sérieux, le plus proche et qui ait la capacité d’assurer une qualité de service optimale pour nos clients. Il faut aussi qu’il soit en mesure de grandir avec nous et qu’il puisse gérer beaucoup de volume en temps voulu.

D’autres territoires d’Outre-Mer en ligne de mire ?

Pour 2017, pas particulièrement, mais nous ne sommes pas fermés. Parfois il y a des partenaires qui nous contactent, nous proposent des projets. Si la proposition est intéressante et qu’elle peut créer de nouvelles opportunités, on peut y aller, même si on n’y pense pas initialement. C’est un peu la magie de notre service. A certains moments, l’ouverture est accélérée par pure opportunité parce qu’on rencontre le bon partenaire et le bon emplacement, par conséquent l’installation est plus rapide.

 

 

GARDEZ UN COUP D'AVANCE !

 

Recevez chaque semaine le meilleur de l'actualité du tourisme aux Antilles par email ! (c'est gratuit !)