La Réunion rejoint le réseau national tourisme de la DGE

Lancé en 2014, le cluster Eco-Tour de La Réunion, qui réunit une quinzaine d’entreprises du tourisme et du numérique, a officiellement rejoint le réseau national de la DGE.

Rencontre avec Philippe Arnaud, dirigeant de Medialight, président de Digital Réunion et membre d’Eco-Tour.

Comment est née l’idée de fédérer au sein d’une seule structure les professionnels du tourisme et du numérique ?

C’est en réalité le regroupement de deux associations déjà existantes : Digital Réunion, qui réunit les professionnels du numérique depuis 1997 et le Club Tourisme, créé en 2010.

Il y a deux ans, la Région Réunion a lancé un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) pour la création de clusters sectoriels. Trois projets ont été retenus, dont le nôtre, Eco-Tour. En 2015, nous avons été labellisés et depuis 2016, nous structurons la démarche.

Quelle est l’ambition d’Eco-Tour ?

Nous réfléchissons sur l’axe à prendre mais il est certain que nous souhaitons développer des solutions, essentiellement logicielles, autour de la connaissance fine du client. Il faut être en mesure de lui faire parvenir une information donnée, à un moment T, idéalement en temps réel.

Nous voulons aussi améliorer l’existant en termes de parcours de visite. L’objectif final, qui correspond aussi à celui de l’Ile de la Réunion Tourisme est d’augmenter le panier d’achat par touriste car la dépense est aujourd’hui trop faible.

Il y a des synergies fortes à La Réunion entre le public et les entreprises du numérique et celles du tourisme.

Quelle est la typologie des entreprises membres du cluster ?

Il y a des représentants du monde du tourisme côté réceptif, hôtellerie, activités de loisirs. Pour le numérique, nous avons des entreprises qui proposent du webmarketing, du développement web, du traitement de la donnée ou de la business intelligence.

Les écosystèmes entrepreneuriaux doivent être avant tout portés par des entrepreneurs.

Comment se positionne la puissance publique vis-à-vis de ce cluster ?

Il y a un partage assez fort entre le triptyque composé des professionnels du numérique, des acteurs du tourisme et des acteurs publics. Nous avons une communauté de vue sur le fait que le digital est un axe majeur de développement, surtout après les crises que nous avons connues. Il faut être en mesure d’exister sur la toile, d’avoir de la visibilité, mais aussi d’attirer des touristes et de réagir en cas de crise. On veut passer un cap et il y a aujourd’hui un investissement fort sur le digital.

Les entreprises du numérique sont-elles membres de la gouvernance des institutions touristiques ?

Non, ce n’est pas notre vocation et les instances publiques ne font pas non plus partie du cluster Eco-Tour. Toutefois, la Région veut que les filières professionnelles se structurent, d’où l’AMI lancé il y a deux ans. La région peut aussi nous aider, surtout pour le financement. Nous pouvons par exemple bénéficier du FEDER dans le cadre de la Stratégie de Spécialisation Intelligente.

Le réseau lancé par la DGE a vocation à créer des incubateurs et accélérateurs touristiques sur tout le réseau national. Qu’en est-il à La Réunion ?

Nous avons rencontré Laurent Queige, directeur du Paris Welcome City Lab il y a plus d’un an. Son expérience et son antériorité dans le domaine de l’innovation touristique nous ont apporté un certain nombre d’éclairages. D’ailleurs, nous allons probablement modifier notre plan de marche et étudier l’idée d’un accélérateur dédié aux startups touristiques.

La réunion de la DGE avait pour but d’annoncer le lancement du réseau, mais surtout de favoriser le partage d’expérience et la mise en réseau. Cela permet de voir ce que chacun fait et de ne pas réinventer l’eau chaude. La démarche est bénéfique pour tout le monde.

Les financements seuls ne suffisent pas pour développer une entreprise.

Quels seraient les atouts d’un accélérateur pour La Réunion ?

Les porteurs de projet ont besoin d’un accompagnement financier mais ce n’est pas suffisant.

Il est important de recevoir des conseils techniques et d’être accompagné sur un plan. Si on a les moyens et qu’on s’en sert mal, on « crame » littéralement de l’argent, sans arriver aux résultats fixés.

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