Retour sur la conférence sur le tourisme expérientiel organisée par la CCI Martinique

Lundi 3 juin, à 18h, une cinquantaine de personnes étaient réunies au siège de la CCI à Fort-de-France, pour écouter M. David Martin, directeur général de TED Conseil, exposer l’importance du tourisme expérientiel pour une destination telle que la Martinique.

La conférence s’inscrivait dans le cadre de la démarche « Qualité Tourisme » portée par la CCI Martinique. Elle inaugurait un cycle d’animations réalisées par M. Martin, avant la cérémonie de remise des prix qui se déroulera le 19 juin. Le propos était intéressant.

Passer de la commodité à l’expérience touristique

Après une ère caractérisée par la standardisation, la mondialisation et la massification des services et des prestations, le tourisme – comme d’autres secteurs – est entré dans une phase où l’unicité et le sur-mesure sont les maîtres mots. Dans un contexte où la concurrence s’intensifie, proposer aux voyageurs un voyage ou un moment singulier est un moyen de différenciation. Le tourisme expérientiel est une réponse presque évidente à cette demande de dé-standardisation. Les vacanciers ne veulent d’ailleurs plus être considérés comme tels mais réclament de pouvoir vivre comme des locaux, en se débarrassant d’une certaine façon des artifices touristiques. C’est ce parti pris qui a fait le succès d’une plateforme bien connue de réservation d’hébergements. Chose impossible ? En tout état de cause, on considère aujourd’hui que 2/3 des touristes privilégient l’expérience au prix ce qui rend moins décisive la bataille des tarifs.

Pour cela, les opérateurs touristiques doivent s’inscrire dans une démarche de « mise en expérience » de leur offre et de la destination. Exit la promotion et la commercialisation sous forme de description simpliste des atouts naturels ou culturels ou d’un territoire : le storytelling – c’est-à-dire la capacité à raconter, à donner du sens devient un impératif. Le passage d’une prestation à une expérience demande un effort marketing pour créer la surprise et le souvenir mémorable. David Martin a d’ailleurs suscité des réactions dans la salle en pointant du doigt le fait que la Martinique disposait de nombreux atouts mais qu’elle n’était pas la seule à disposer de belles plages ni d’habitants chaleureux. Voilà qui devrait tomber dans différents jardins.

Comment rendre l’instant mémorable ? Les composantes d’une expérience réussie

En plus de la mise en récit, l’expérience s’articule autour des notions de partage, d’immersion, de relationnel, de multi-sensorialité. Bien que l’image demeure au cœur des sens mobilisés, l’ouïe, le goût, le toucher et l’odorat peuvent aussi être intégrés et il faut être en mesure de bâtir un lien avec le voyageur. Enfin, l’expérience doit être tangible : le voyageur doit pouvoir repartir avec un souvenir, un petit bout du territoire qu’il a visité sous forme de produit brut ou transformé, de photos, etc.

Attention toutefois a souligné M. Martin, car certes le voyage – donc l’expérience – contient une part de rêve. Dès le moment où l’on choisit sa destination, on anticipe, on imagine, l’esprit se met en marche. Et certes, le tourisme expérientiel est une notion tendance. Toutefois, les fondements ne doivent pas être gommés : l’offre doit être fonctionnelle et le service de qualité. La dimension expérientielle vient s’additionner aux deux précédentes. Avant de vouloir susciter l’émerveillement, un hôtelier doit d’abord s’assurer que son métier premier – vendre du sommeil – est parfaitement réalisé au travers d’une literie correcte, de l’isolation phonique, etc. L’expérience n’est pas un cache-misère pour les acteurs touristiques et les prestations de base doivent demeurer correctes. Pour une destination par exemple, la mise en place d’un dispositif d’accueil, d’information et d’orientation des croisiéristes est fondamental. Sourires gênés quand M. Martin a partagé un de ses souvenirs en Martinique en pleine saison de croisière : les voyageurs débarquaient et erraient dans Fort-de-France.

Comment s’inspirer des bonnes pratiques des grands groupes pour des acteurs locaux ?

Qu’est-ce qui différencie un prestataire de kayak d’un autre prestataire de kayak ? Comment un loueur de voitures peut-il engager une démarche de tourisme expérientiel ? En somme, comment ancrer cette notion de tourisme expérientiel dans la réalité du territoire martiniquais, largement dominé par les petites structures touristiques (micro-entrepreneurs, TPE, PME). C’est là tout le défi ! Pour travailler ensemble sur ces problématiques, contactez-nous.
En tout état de cause, l’initiative de la CCI est à saluer !

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