Bilan des Rencontres Régionales du Tourisme de Guadeloupe 2017

Représentant un peu plus de 6% du Produit Intérieur Brut et 9% de l’emploi salarié de la Guadeloupe, le tourisme reste un secteur à développer dans l’archipel. Un constat partagé par l’Etat, la collectivité régionale et les professionnels réunis à Gosier, dans le cadre de rencontres régionales du tourisme, les 16 et 17 mars derniers.

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Durant ces deux jours, les échanges ont ainsi porté sur l’énorme potentiel de la destination, mais surtout sur les nombreux défis à relever pour l’exploiter : loi NOTRe, taxe de séjour, stratégies et investissements, innovation, formation et emploi.

A l’issue de ces rencontres, la Région Guadeloupe a dévoilé son plan d’actions 2017-2021 « pour un développement touristique partagé ». Objectif majeur : attirer un million de touristes en 2020. En 2016, la Guadeloupe en a accueilli environ 580 000.

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Loi NOTRé et taxe de séjour, deux points épineux

Un des principaux sujets de discussion de ces rencontres a été l’application de la loi portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRé). Promulguée en 2015, celle-ci institue que la promotion du tourisme relève des Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI), et non plus des communes.

4 - Didier Bironneau

Ce « changement d’échelle territoriale » donne lieu à des transferts d’actifs difficiles et « un processus administratif laborieux » en Guadeloupe, a expliqué Didier Bironneau, le délégué d’Atout France en charge du développement des destinations d’Outre-Mer. Il a aussi souligné que « l’urgence est de créer des offices du tourisme intra-communaux », dotés des moyens, des personnels et d’une feuille de route nécessaires pour fonctionner.

Autre problématique abordée par Didier Bironneau : la taxe de séjour, « uniquement dédiée au développement du tourisme » et qui « ne doit pas être un sujet de tension, mais de progrès ». Cependant, sa généralisation et sa collecte restent problématiques en Guadeloupe.

A ce jour, la taxe de séjour rapporte 1/5 des millions d’euros qui devraient être perçus chaque année.

Innover pour séduire et augmenter l’attractivité

Pour accroître le nombre de touristes, encore faut-il parvenir à les séduire. Un des axes mis en avant durant ces rencontres a été l’innovation, avec trois « outils » présentés. Le premier : CréoleTrip, le site d’une startup qui a pour but de mettre en relation touristes et habitants, via de multiples activités. Le deuxième : Wiwashimara, un concept d’hébergement innovant, éco-responsable, situé à Trois-Rivières.

6 - Willy Rosier

Enfin, Willy Rosier, directeur du Comité du Tourisme des Îles de Guadeloupe (CTIG), a donné un aperçu en vidéo de la nouvelle plateforme internet de l’institution, qui comprend notamment une encyclopédie participative. Les buts : proposer un site innovant, unique et attirer ainsi les clients en les mettant « au centre de la démarche ».

La formation et l’emploi, un duo encore à développer

Ludovic De Gaillande, responsable du département innovation et compétitivité des entreprises de la DiECCTE, a dévoilé les chiffres principaux d’une étude sectorielle, pas encore totalement finalisée. L’industrie touristique représente un peu plus de 10 000 emplois en Guadeloupe, principalement dans la restauration (45%) et l’hébergement (24%).

Elisabeth Lepierre, la proviseure du lycée d’hôtellerie et de tourisme où se sont déroulées ces rencontres, a elle pointé du doigt une réalité : « les 110, 120 élèves que nous formons chaque année sont tous en situation d’emploi ».

Plus de 60% des élèves formés au LMHT du Gosier sont hors de la Guadeloupe.

Or, la formation représente un coût de 17 000 euros par élève et par an. « Nous devons garder ces jeunes que nous formons, a t-elle insisté. Il est indispensable que nous ayons un retour sur investissement ».

Elisabeth Lepierre a d’ailleurs évoqué la bonne avancée du projet de création d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif, en charge de faire le lien entre le campus des métiers et des qualifications déjà mis en place et les entreprises. Elle a aussi annoncé de nouvelles formations, parmi lesquelles un Master tourisme, options gastronomie, rhum et patrimoine (lancement prévu en juin, juillet) et deux BTS – diététique et responsable d’hébergement.

Crédits photos : Mylène Colmar

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