KayFlo compte séduire l’industrie touristique

Huit ans se sont écoulés entre le moment où Jean-Marc Salpétrier a eu l’idée de créer une maison flottante écologique et sa présentation au public au Salon Nautic de Paris. Entre temps, ce Martiniquais, ingénieur en génie civil et urbanisme, a pu affiner KayFlo et passer d’une envie personnelle à une ambition plus industrielle. Il a fait du segment touristique une priorité de son développement commercial.

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Le père de Jean-Marc Salpétrier a construit son propre bateau, un indice de l’ancienneté de la relation qu’entretient l’entrepreneur avec la mer. « Nous avons navigué dans toute la Caraïbe », explique l’entrepreneur. « J’ai pu constater l’inconfort qu’il y avait à vivre sur un navire ». Les différents postes à responsabilités qu’il a occupés en Martinique pendant près de 15 ans, le font aboutir à un constat : les littoraux de l’île sont insuffisamment valorisés et la montée des eaux va constituer un problème majeur dans les prochaines décennies. « KayFlo est une solution d’habitat du futur », affirme-t-il.

kayflo-martinique-hotelCopyright KayFlo

Avec la montée des eaux océaniques d’ici quelques décennies, je n’aurais pas investi dans une magnifique villa les pieds dans l’eau même si on me la proposait à 290 000 euros.

Quand en 2008 il se met à travailler sur KayFlo, il est persuadé d’en faire sa future maison. Il y investit 15 000€. Le projet suscite de l’enthousiasme et Jean-Marc Salpétrier remporte le deuxième prix de la catégorie « Innovation » au Concours du génie martiniquais organisé par le Conseil Régional de l’époque. Pourtant, aujourd’hui, il vit à terre. « Ma compagne avait déjà un logement », rigole-t-il. « Ce petit changement de programme a été bénéfique. Je me suis interrogé sur l’avenir de KayFlo et je suis arrivé à la conclusion qu’il fallait industrialiser le concept, c’est-à-dire aller vers le plus grand nombre avec un produit accessible financièrement ».

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Copyright KayFlo

Jean-Marc s’est donc entouré d’une équipe polyvalente. « J’ai eu l’idée, l’impulsion, mais je n’ai pas de savoir-faire en construction de bateaux ». Il a fallu trouver des experts et bureaux d’études pour penser la conception dans les détails, imaginer l’aménagement de la maison en optimisant l’espace et enfin gérer la commercialisation. Mais la route n’a pas toujours été facile. « Il a fallu bousculer les habitudes parce que le cahier des charges de KayFlo indique bien qu’il s’agit d’une maison de 100 m2 avec tout son confort et ces volumes, ceci étant, réglementairement c’est un navire. Cela amène des contraintes que les partenaires professionnels de la mer n’avaient pas encore appréhendées. » Et même si les voisins sont moins nombreux sur l’eau, ils ne sont pas totalement absents. « Nous avons dû faire en sorte d’être acceptés du monde marin ».
Enfin, le créateur a été exigeant avec lui-même « Je voulais que le projet s’intègre dans l’environnement et le paysage. Il fallait donc qu’il ressemble à un vrai bateau. Il y a aussi des contraintes écologiques puisque vivre sur un bateau implique une gestion des déchets. » KayFlo est autonome en énergie, grâce à ses panneaux solaires et ses éoliennes, ainsi qu’en eau via un système de récupération des eaux de pluie. Le bateau peut être habité à quai et/ou au mouillage, et peut se piloter sans permis.

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Copyright KayFlo

L’existence de concepts similaires dans la Caraïbe – on pense à Aqualodge en Guadeloupe – est de nature à rassurer Jean-Marc Salpétrier. « C’est toujours très déséquilibrant d’être sur un marché où l’on est le seul alors que là, ça valide le concept. Je vois la concurrence comme une bonne chose. Nous avons eu une idée similaire, mais nous avons tout de même des différences ».

L’idée est d’amener une nouvelle clientèle sur la mer, des publics qui peuvent avoir des appréhensions et qui sont rassurés par une maison.

Aujourd’hui, KayFlo est vendu clé en main, à partir de 2 800 euros le m2. L’embarcation sur l’eau a déjà trouvé acquéreur. Celui-ci s’est laissé séduire sur photo. « Je cherchais une maison proche de la mer », explique Fabrice Firmin. Martiniquais, yoleur, il avoue être « quelqu’un de l’eau », en quête de tranquillité. Pour lui, KayFlo est l’habitat idéal puisqu’il ne s’agit pas d’un logement, mais d’un bateau ce qui signifie pas de taxe foncière, ni de taxe d’habitation. En revanche, il devra s’acquitter d’une taxe de francisation puisque le navire bat pavillon français. Les 107m2 de surface utile lui permettent de loger toute sa petite famille. Les enfants apprécieront la piscine et le jacuzzi. La livraison est prévue fin 2017.

Parallèlement, un projet d’hôtellerie flottante d’une quinzaine de KayFlo est prévu pour 2018 dans le Sud de la Martinique. A suivre.

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