Air Antilles veut sortir de la zone de confort

Barbade, Dominique, Antigue, Air Antilles multiplie les ouvertures de lignes dans la Caraïbe. Au total, 15 destinations sont aujourd’hui desservies par la compagnie. Le développement du réseau, du nombre d’avions et la signature d’accords de partenariat avec d’autres transporteurs comme Air France font partie des sujets de fierté du directeur général Serge Tsygalnitzky. Air Antilles transporte chaque année environ 400 000 passagers. La compagnie, qui se revendique « 1ère compagnie régionale low cost » grâce à des capitaux exclusivement antillais, souhaite aller plus loin et sortir de la « facilité franco-française. »

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Air Antilles – la compagnie a laissé tomber le « Express » – a identifié trois « zones d’influence » : le marché franco-français entre la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy ; le marché franco-caribéen au départ des îles françaises vers des îles non-françaises et l’intra-caribéen. « Nous avons décidé de nous attaquer à ces trois marchés dont certains ont été délaissés », explique Serge Tsygalnitzky. Certes, la ligne Fort-de-France/Pointe-à-Pitre/Saint-Martin représente 2/3 du marché global mais Air Antilles souhaite prendre des risques en allant vers d’autres destinations moins classiques. « La facilité, c’est de rester sur du franco-français, mais cela ne sert que partiellement les intérêts de la région. »

Le transport régional, ce n’est pas que Pointe-Pitre/Fort-de-France.

Y verrait-on une attaque à l’encontre du concurrent direct Air Caraïbes ? Le directeur général nie farouchement. « Je crois qu’il faut sortir de la compétition dure limitée au marché franco-Français. La concurrence est saine, je ne vais pas la critiquer, mais la difficulté de notre économie régionale est le déplacement », martèle-t-il. « Le véritable enjeu est de trouver des moyens pour mieux se déplacer partout à des tarifs plus raisonnables ». Un discours qui trouve écho auprès des gouvernements de la région : la Dominique aurait par exemple demandé de l’aide à la compagnie pour accéder au marché hexagonal, à travers son accord de partenariat avec le transporteur national Air France.

Mais Serge Tsygalnitzky ne le cache pas : lancer de nouvelles destinations relève à la fois d’une démarche rationnelle (études de marché, analyse des besoins …) et empirique, avec parfois des échecs. « On a ouvert des lignes que l’on a refermées parce qu’elles ne fonctionnaient pas. Certaines lignes prennent des années avant de démarrer, sur San Juan par exemple, on n’a pas gagné d’argent pendant deux ans. On accepte de prendre des risques mesurés en investissant de quelques dizaines à quelques centaines de milliers d’euros. Parfois, on a ouvert des lignes que l’on a refermées parce qu’elles ne fonctionnaient pas ». Une autre difficulté dans le développement de nouvelles lignes aériennes tient au fait que les Antilles Françaises et leurs résidents sont parmi les territoires les plus riches de la région…tout en ayant une population vieillissante, donc qui voyage moins, et un pouvoir d’achat qui tend à stagner. « Finalement, on ne s’adresse qu’aux mêmes consommateurs. Quand vous lancez une nouvelle liaison, l’attrait de la nouveauté pousse les voyageurs à la tester, mais au détriment d’une autre qu’ils vont délaisser ».

On peut aller sur de l’existant, mais on peut aussi provoquer des flux qui n’existeraient pas si on n’avait pas ouvert la ligne.

Le voyageur peut-il espérer une baisse des prix sur le réseau régional dans le futur ? Pas sûr. « Les prix sont arrivés à une certaine stabilité. Et puis, tout n’est pas qu’une question de prix, il y a des services. Il faut que les fondamentaux économiques soient respectés sinon on perd de l’argent. Nous sommes une compagnie privée, il n’est pas question que l’on soit en déficit ».

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